Partenaires sociaux de la construction: "L'allemand sur le chantier"

Les partenaires sociaux du secteur principal de la construction ont participé au dialogue sur l'intégration de la CTA avec leur projet pilote "L’allemand sur le chantier". L’objectif était d’améliorer les conditions-cadre pour permettre aux travailleurs étrangers d’apprendre l’allemand sur la base d’un enseignement axé sur la pratique, le but final étant de mieux les intégrer.

Société suisse des entrepreneurs
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Le projet pilote "L’allemand sur le chantier" s’est achevé avec succès à fin 2015. Ces cours de langue sont désormais proposés régulièrement en suisse alémanique. Les premiers cours en français ont débuté en 2016 dans les cantons de Fribourg et du Jura.

Le secteur principal de la construction propose depuis plusieurs décennies des cours de langue gratuits ou très avantageux aux travailleurs étrangers. Sachant qu’environ 60% de la main-d’œuvre sur les chantiers sont des étrangers, les employeurs ont parfaitement conscience de l’importance que revêt l’encouragement linguistique afin que leurs collaborateurs se sentent à l’aise lors de leur travail et au quotidien.

Phase pilote 1 : cours sur les chantiers pendant le temps de travail

Les éléments suivants étaient nouveaux dans le projet pilote "L’allemand sur le chantier": les cours ont été comptés comme temps de travail et le système d’apprentissage de langue fide axé sur la pratique a été appliqué; ce sytème a du reste été conçu pour les migrants selon mandat confié par le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) (www.fide-info.ch). Les contenus des cours étaient basés non seulement sur le travail, mais sur des situations au quotidien. Lors de la première phase du projet pilote au semestre d’hiver 2012/13, cinq cours gratuits se sont déroulés sur le chantier pendant le temps de travail. Les partenaires sociaux voulaient ainsi motiver davantage les travailleurs de la construction à fréquenter un cours de langue.

Phase pilote 2 : cours pendant le temps libre avec une prime sur le salaire

Les trois entreprises participantes et la soixantaine de travailleurs de la construction étaient dans l’ensemble très satisfaites. C’est uniquement l’enseignement dispensé pendant les heures de travail qui a causé quelques problèmes sur les chantiers, car les absences des collaborateurs ont bloqué les travaux. Par conséquent, les cours ont été fixés le samedi matin dans la deuxième phase pilote 2013-2015. Celui qui a fréquenté un cours semestriel de 50 leçons et l’a achevé avec succès, reçoit une prime sur son salaire à hauteur de 750 francs. Ce montant correspond à 70% du salaire de base pour 40 heures de travail respectivement 50 leçons. L’enseignement est gratuit et la prime est versée pour stimuler les travailleurs à fréquenter les cours.

Extension à toute la Suisse alémanique

Lors de la deuxième phase du projet pilote, l’offre a été étendue à d’autres régions. En 2014, une quarantaine de cours se sont déroulés dans onze cantons et en 2015, 100 cours environ ont eu lieu dans pratiquement tous les cantons de Suisse alémanique. Le Parifonds Construction, le fonds de formation de la branche en Suisse alémanique et dans les cantons de Fribourg et du Jura a pris les coûts à sa charge. Ce fonds bénéficie du soutien financier des partenaires sociaux, à savoir la Société Suisse des Entrepreneurs (SSE), l’association Cadres de la Construction Suisse, Unia et syna.

Offre régulière

L’évaluation globale de la phase pilote a été positive, puisqu’elle a débouché sur une plus-value. Par conséquent, les partenaires sociaux ont décidé de poursuivre ce projet, en proposant une offre régulière. L’offre est destinée à toutes les entreprises assujetties à la Convention nationale (CN).

En 2016, environ 100 cours se sont à nouveau déroulés en Suisse alémanique. Parallèlement à cela, deux cours par canton ont été proposés dans ceux de Fribourg et du Jura. Les partenaires sociaux disposent de fonds paritaires cantonaux à Genève, Neuchâtel, Vaud et Valais qui ne dépendent pas du Parifonds Construction. Ces fonds financent également des cours de langue organisés dans leur région, mais dans ces cantons, le modèle «L’allemand sur le chantier» n’a pas été pris en considération. Selon les informations des partenaires sociaux, il n’est pas nécessaire de proposer au Tessin des cours de langue aux travailleurs étrangers.

1,3 million de francs

De 2012 à 2016, le Parifonds Construction a mis sur pied env. 250 cours au total qui ont vu la participation de quelque 2500 collaborateurs. Les coûts pour collaborateurs avec contrat de travail fixe sont pris en charge exclusivement par le Parifonds et s’élèvent pour cette période à environ 1,3 million de francs. Les frais de cours pour le personnel temporaire sont financés par le fonds de formation „temptraining“, financé par les partenaires social de la branche de travail temporaire.

Motiver à apprendre

"L’allemand sur le chantier" se base sur le système d’apprentissage des langues fide, élaboré sur le mandat du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM). Ses objectifs de formation sont fortement axés sur la pratique : changer d’équipe de travail avec un collègue, comprendre les rapports sur le chantier et savoir les formuler, fixer un rendez-vous avec le médecin par téléphone, comprendre l’invitation à une soirée de parents à l’école. C’est de cette manière que des résultats positifs seront rapidement obtenus, ce qui incitera les participants à continuer d’apprendre.

Durant la phase pilote, l’enseignement a été dispensé par la Fondation ECAP, un organisme syndical pour la formation, spécialisé depuis plus de 40 ans dans l’enseignement de langue à des migrants peu habitués à apprendre. Dans l’intervalle, d’autres écoles de langue proposent également des cours de ce type.

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